• Admin

University of Durham: results of their French writing competition

In October 2021, the University of Durham launched the first edition of its creative writing competition in French whose theme was 'The world after'. This competition, open to British and Irish university students in French, specialists or non-specialists, has aroused the interest of several learners. The participants did an extraordinary job and submitted a wide variety of texts, in the form of poems, plays or stories. After a difficult deliberation, the jury composed of professors from Durham University and partner universities chose to award the following texts:

Category B1-B2
Category C1-C2
 

Category B1-B2

 

La prochaine étape Gwen Page-Gibby


Je regarde parmi les étoiles, les âmes perdues encore à prendre. Peut-être que nos proches sont déjà parmi les étoiles, assis avec Jéhovah et prenant soin de nous. Mais pour l'instant je suis parmi les étoiles des damnés, l'étoile de David sur ma poitrine servant de cible. Je me détourne de la fenêtre pleine de courants d'air.


«"Où est mon papa, je veux mon papa" crie encore une fois Chayim.

«Chut, tu seras bientôt avec ton papa" dis-je, essayant de réconforter, essayant de ne pas penser à ma propre famille perdue. En espérant que les mots que je dis sont la vérité.


En tant que plus âgé, parmi les enfants, à 14ans, il était de ma responsabilité de réconforter les autres. Je m'assieds avec eux sur nos lits de fortune, qui ne sont que des nattes sur les sols froids. J'ai eu la chance, contrairement aux plus jeunes, de ne pas avoir sali mes vêtements en arrivant au Vel d'hiv, comme tant d'entre eux l'ont fait par peur. J'étais reconnaissant de ne plus remarquer autant l'odeur, mais je savais quand tout le monde s'est déplacé dans notre petite zone qu'elle était toujours là. J'ai essuyé le visage de Chayim avec sa manche de chemise, écoutant les reniflements des autres enfants, soit leur famille leur manquait, soit la faim.


«Écoute, j'ai entendu le garde dire à Sarah qu'on partirait de Drancy demain. Qu'on va enfin pouvoir partir.» Kuni ajoute d'une voix pleine d'espoir. «Penses-tu que nous serons avec nos parents?»


Je le regarde, sentant des dizaines de paires d'yeux enfoncés suivre mon visage.


«On va voir Kuni, mais n'espérez pas que nous partirons. Il n'y a qu'une certaine quantité de place dans le train» dis-je d'une voix réservée. Une place dans le train. Loin de Drancy. N'importe où serait mieux qu'ici. Pour aller au-delà des clôtures jusqu'à l'endroit où se trouvent les adultes.


Demande désespérément une petite voix «Pensez-vous qu'ils auront de la nourriture dans le nouvel endroit?».


Je regarde autour de moi le petit garçon; il ne peut pas avoir plus de six ans (mais tout le monde est si maigre qu'il pourrait être plus âgé).


«Peut-être qu'ils auront du pain là où ils nous emmènent» interroge Chayim, s'accrochant à son ours en peluche crasseux, y essuyant ses larmes.


Pain. Je repense à avant que ça commence, bien avant la rafle. Maman sortait avec moi et Marie pour chercher du pain frais à la boulangerie pour le shabbat. On s'asseyait en famille et on mangeait le pain avec du beurre, ou même de la confiture si papa avait bien travaillé. Mon estomac ne rugit rienqu'en y pensant, mon cœur me fait mal pour ma maison. Pour ma maman. Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour revivre ce repas, pour être à nouveau avec eux.


Je sens les plus jeunes enfants se blottir à côté de moi dans notre routine habituelle pour rester au chaud. Je les rapproche, attendant qu'ils s'endorment dans l'obscurité impénétrable pour que mes propres larmes coulent.


Le matin, la porte éclate à l'entrée des agents. Ça doit être ça je pense. Nous sautons tous sur nos pieds, de peur d'attiser leur colère. Chayim s'accroche à mon pantalon, se cachant derrière moi avec son ours. Les gardes commencent à nous pousser dehors avec la crosse de leurs fusils, en criant tout le temps, en donnant des coups de pied et en poussant même le plus petit des enfants. Je ramasse Chayim et sors de la pièce exiguë avec des centaines d'autres enfants. C'est enfin notre tour. A notre tour de partir.


Avec la foule, je suis poussé avec Chayim sur mes épaules, avec les hordes d'autres enfants dans la même direction. Je regarde les énormes canons braqués sur nous avec des yeux terrifiés, mais j'ai tout autant peur du nombre de personnes déjà sur la plate-forme au loin.


"Vite,vite !" dit Chayim "mon nounours veut revoir papa"

«Calme-toi Chayim, on veut tous les deux revoir notre papas» dis-je, un avantage supplémentaire à ma voix. Six voitures remplies. Je commence à me frayer un chemin vers l'avant. Je dois y aller. Nous devons sortir.


Nous arrivons à la plate-forme, submergés par les gens qui poussent vers les voitures.Je regarde le garde avec la liste de contrôle se diriger vers le dernier wagon. Je dois passer.


Je pousse de toutes mes forces à travers la foule. S'il te plaît. S'il te plaît. J'arrive enfin à la porte. Oui!


Alors que je m'apprête à monter sur le chariot de bois branlant, le garde tend la main pour m'arrêter.


«Der Zug ist voll» me crie le garde. S'il te plaît, ça ne peut pas arriver. Je connais assez l'allemand pour comprendre ce que dit le garde.


«Je vous en prie, s'il vous plaît, laissez-nous. Nous devons partir, s'il vous plaît !» je supplie le garde. Il me regarde avec des yeux froids, sans aucune trace de remords.


Avec une poussée d'adrénaline, je retire Chayim de mes épaules et le pousse sous le bras des gardes dans le train. Au même moment, le garde me pousse en arrière et je tombe durement au sol, complètement essoufflé.Il ferme la porte, mais Chayim a réussi. Malgré le sentiment de naufrage dans ma poitrine, sachant que quelques jours de plus à Drancy m'attendaient, Chayim s'en sortirait.


«Chayim!»Je crie à travers la petite fenêtre, sa petite tête à peine visible au-dessus de la vitre. «Vous soyez courageux pour moi, d’accord ?» il hoche la tête solennellement vers moi, pleurant inconsolable. Le coup de sifflet retentit alors que la fumée s'échappe du train à vapeur, commençant à remonter les voies.


Je lui tiens la main alors que le train s'éloigne en criant «et si tu vois mes parents quand tu y seras, dis-leur que je les verrai bientôt !»


 

Un monde libre de choix Chiara Carbo Cosso


La création de la vie est réduite à une simple consigne. La puce de ma mère lui a donné l'ordre robotique d'accoucher. “Pousse”. Il disait, en enlevant le sens du mot. “Pousse”. Il répétait. Et même si ma mère devait accoucher, elle l’a fait parce que sa puce lui a dit. Tu ne peux pas nier ses ordres. Et quand tu les as déjà faits, tu attends pour les prochains. Je ne sais pas pourquoi il est comme ça mais tout le monde en a un, et personne ne se décide seul. On ne peut pas.

Je la remercie tous les jours de me libérer des choix. Elle ne laisse aucune place aux erreurs. Pas de place pour la haine, la déception, la passion. Vous savez ce qu'ils disent, "La vie n'a pas de surprises", mais la sécurité compense le manque d'émotion. Non? Il serait trop difficile de devoir choisir toujours.

Ce sentiment que tout est décidé me donne la paix. Même si je ne sais pas ce qui va arriver, j'ai l'assurance qu’Elle me dira toujours quoi faire. Elle a toujours raison et Elle sait ce qui est mieux pour moi. Cependant, je ne pense pas que j'ai été vraiment heureux, comme les personnes dans les films. Mais je ne connais pas non plus la tristesse.

Dans mon école, nous sommes tous des garçons. Je n'ai pas vraiment parlé aux filles de mon âge, seulement à la fille de l'amie de ma mère, Emma. Ma puce m'a guidé toute la conversation. C'était rapide, court, même si je voulais parler plus. Mais ma puce me connaît bien. Elle sait comment je dois me comporter. Elle sait quelles personnes me conviennent et qui me fera du mal.

Peut-être c'est pour ça que je ne parlais jamais à la fille d'à côté. Elle s'appelle Sophie. Je la voyais toujours passer en promenant son caniche. Avec l'air indifférent, elle marchait comme si sa puce ne lui murmurait pas à chaque instant. Mais je sais que ce n'était pas le cas. Elle a des cheveux blonds bouclés. Peut-être il est plus difficile pour sa puce de l'atteindre à travers tous ces cheveux.

Ses yeux semblaient invitants. Ils avaient l'air timides mais ils me faisaient un peu peur. Je voulais pénétrer à l'intérieur d'eux et découvrir pourquoi ils étaient si séduisants. Peut-être qu’ils m'aideront à désobéir à ma puce. Mais je dois m’arrêter. Pourquoi est-ce que je dis des bêtises? Il est impossible d’être libre de la puce. Mais ça me frustre profondément quand Elle ne me laisse pas parler avec Sophie. Il ne reste plus qu'à la regarder passer. Même si je ne pourrais jamais l’avoir. Je souhaite que ma puce me laisse un jour lui parler. Mais je perds un peu d'espoir chaque fois que je la vois et la puce reste silencieuse. Ce silence sarcastique s’est moqué de moi.

Sophie me fait douter des intentions de ma puce concernant mon bonheur. Elle fait que je me demande ce qu'il me manque. Il devient fatiguant d'attendre un signe pour approcher Sophie. J'ai commencé à imaginer ce qui se passerait si je lui parlais. Peut-être qu'un seul choix n'est pas si mal.

La première fois que j’ai désobéi à ma puce était la matinée suivante. J'étais dans la cuisine, quand j'ai vu Sophie passer. Je la vois et ses yeux bruns rencontrent les miens. Et si c'était le signal que j'attendais? Si Cela n'allait pas me le donner, je vais décider tout seul. Je marche dehors en me préparant à parler à Sophie. J'ignore quand ma puce m'a dit "Rentre à la maison." J’avais une petite conversation avec Sophie sur la météo et après nous nous sommes demandés pourquoi on n'avait jamais parlé. On a planifié aussi de nous retrouver comme si nous étions libres de prendre cette décision.

La deuxième fois que je lui ai désobéi, passait le lendemain. Je sortais pour retrouver Sophie. Il m'a surpris quand elle a allumé une cigarette et a continué à parler indifféremment. Maintenant, j'étais sûr qu'elle aussi désobéissait à sa puce. Fumer est un comportement banni.

Mais je suppose que maintenant je ne peux pas juger Sophie pour l'avoir défiée. Nous avons parlé de nos soucis et de nos désirs. Elle m'a dit que les puces seront notre fin. Je ne pense pas que je suis d'accord, mais Sophie était trop jolie pour discuter avec elle. Elle m'a dit qu'elle voulait partir; que dans une ville voisine ils avaient trouvé un moyen de selibérer des puces. Je savais que c'était absurde; la puce est une partie de nous. S'en débarrasser serait comme vous couper le cœur, quelque chose que vous ne survivrez pas.

Sophie et moi avons continué à parler chaque matin de ce que ce serait de vivre sans lui. Chaque jour, elle avait l'air un peu plus dérangée. Je pense qu’il lui parlait plus fort qu'à moi, parce que je pouvais encore rester calme. Sophie a commencé à bredouiller, ses mots devenant de plus en plus absurdes chaque jour. La présence de Sophie a donné de l’émotion à ma vie monotone. Avec elle, j'ai appris à ignorer ma puce.

Jusqu'au jour où Sophie n’est pas passé chez moi comme d'habitude. J'ai attendu des jours en supposant qu'elle était malade, mais elle n’est jamais apparue. Au cinquième jour, j'ai sonné à sa porte et sa mère m'a ouvert. Elle semblait fatiguée, comme si elle avait pleuré. Je pouvais sentir l'inquiétude dans ses yeux. La mère de Sophie m'a dit qu'elle était partie à un internat, ce qui était clairement faux. Sophie ne me quitterait jamais. Elle ne serait jamais capable de tuer sa puce parce qu'elle devrait d'abord se tuer.

Mais au fond, je savais que j'avais tort. Sophie était capable de tout cela et plus encore. La puce l' avait rendue folle, et elle n'avait plus la force de la supporter. Je savais que Sophie était partie pour toujours.


 

Un rêve Lois Jones


Hier soir j’ai fait un rêve.

Un rêve pas comme les autres

Parce que ce rêve

Ne ressemblait pas à

Un rêve.


Dans mon rêve

L’air était frais

Et je pouvais respirer

Respirer pour qu’un jardin des œillets blancs

Poussât dans mes poumons.


Dans mon rêve

Je pouvais marcher seule

Sous le ciel étoilé

Toute seule

Parce que personne ne me suivait.


Dans mon rêve

Je me suis rencontré

Quand j’avais juste sept ans

Et elle me regardait

Avec une fierté timide.


Dans mon rêve

Je pouvais porter les vêtements que je voulais porter

Même si ma peau était à la disposition des yeux de tout le monde

Parce que mon corps m’appartenait et à personne d’autre.


Dans mon rêve

Je parlais pendant des heures de n’importe quoi

Et le monde m’écoutait.

Et le monde ne m’interrompait pas.

Et le monde ne voyait pas à travers mes vêtements.

Et le monde n’essayait pas de me tuer.

Et le monde m’a traité comme si j’étais humain.

Un humain qui vaut quelque chose


Pourquoi?

Parce que

Les hommes n’existaient pas.


 

Category C1-C2

 

Caeterus Eleanor Maudsley


JOUR 401 –Le Désert Noir (anciennement les États-Unis d'Amérique)


L'apocalypse n'était pas ce que tous les films de science-fiction, les groupes gothiques ou les utilisateurs réveillés de Twitter avaient dit qu'elle allait être. Il n'y avait pas de zombies ni de virus, pas de tsunamis monstrueux, la Terre n'a pas été engloutie dans une boule de feu... La guerre nucléaire s'est avérée être le coupable.


C'est l'issue à laquelle personne ne s'attendait, l'issue que personne ne pensait jamais voir devenir une réalité. Je suppose que nous avons oublié à quel point les gens sont stupides ! Ne te mets plus dans cet état d'esprit, Dean, inspire, expire, inspire...

La descente des extraterrestres semblait être une possibilité plus probable que ça, ce qu'ils ont fait de toute façon, mais j'y reviendrai.

Donc, nous y voilà. Et tout le monde est mort.


JOUR 412


Je n'ai pas vu d'autre personne vivante depuis 47 jours.

Je n'ai pas parlé à une autre personne depuis 217 jours.

J'ai vu beaucoup de morts. Certains en décomposition, d'autres juste des os...

La dernière personne vivante que j'ai vue était une femme. Je ne pourrais pas vous dire son âge car elle n'avait plus de cheveux, et sa peau était tellement ravagée par les produits chimiques et les cancers que je ne pouvais pas dire ce qui était de la peau et ce qui était de la chair. Je me souviens d'elle pleurant, marchant en clopinant le long de ce que je pense être un lit de rivière asséché avec un enfant mort dans les bras, mais aucune larme ne sortait de ses yeux. Aucune larme ne sort des yeux de personne, il n'y en a plus.

Au moins, elle ne mangeait pas les restes de l'enfant, j'ai vu cela se produire quelques fois quand quelqu'un est fraîchement décédé. Ai-je mentionné que nous sommes désespérés?

Je vois d'où vient l'idée des zombies, maintenant...


JOUR 439


Aucun autrepays n'est venu nous aider quand c'est arrivé, et je ne sais toujours pas qui a lâché les bombes. Il n'y a aucun moyen de recevoir des informations, aucun moyen de voyager autrement qu'à pied. Alors, je marche sans but dans le Désert Noir, en espérant trouver quelqu'un qui me ressemble. Je ne suis pas tombé malade, je ne sais pas pourquoi.


Une race d'une sorte d'humanoïde est la seule population en croissance, je suppose qu'on peut appeler ça de l'espoir. C'est à quel point ce qui reste de la race humaine est devenu désespéré. Je ne sais pas ce qu'ils sont.

Je n'arrive toujours pas à croire mes propres mots mais les extraterrestres-oui, les extraterrestres -qui s'appellent les Caeterus sont apparus après que la poussière noire se futinstallée. Ils sedéveloppent dans l'air toxique qui tue rapidement les quelques humains qui n'ont pas été anéantis par les bombes. Peut-être qu'ils ont lâché les bombes...

Ne te prends pas la tête, Dean, ne la perds pas comme les autres.

Il s'avère aussi que ces extraterrestres étaient là depuis le début comme CNN nous l'a dit -Dieu que la télé me manque -ils n'ont juste plus besoin de se cacher.

Donc, voici le monde maintenant. Nous avons utilisé notre dernière récolte, donc le sol était infertile pendant des mois avant les explosions. C'est pour ça que tout le monde paniquait, pas pour ce qui se passe maintenant. Nous avons détruit notre propre écosystème à cause de l'avidité égocentrique de politiciens qui se querellent, et en retour, nous avons tué nos propres espèces, créant ainsi un terrain de reproduction pour les extraterrestreset le Désert Noir. Le Désert Noir est l'endroit où j'erre. Je pense que je suis au Nouveau-Mexique maintenant. Qui sait ? Ce n’est pas comme si on pouvait le savoir. Je me demande si l'Europe existe encore. Si les Caeterus ont pris leurs aises aux États-Unis, j'en doute.


Il s'avère aussi qu'ils ont des bites énormes comme dans les bandes dessinées pornographiques et qu'ils aiment les femmes humaines, même si elles sont couvertes d'excroissances et de pourriture. Je n'ai jamais vu un des enfants mutants, si on peut appeler ça des enfants, mais jel’aientendu par la rumeur.

Je me demande ce que Marvin Gaye aurait fait de tout ça.

Ne pense pas à ce qui est parti, Dean, tu vas encore essayer de te tuer.


JOUR 501


J'ai passé la frontière de l'Amérique du Sud. Le désert n'est pas noir ici, il est argenté, comme du mercure liquide. Un peu comme un clip des années 80 dans l'espace.

Je suis ici avec Douglas, un Texan que j'ai rencontré il y a quelques mois, qui a une barbe grisonnante et qui crache de l'encre noire. Quand je l'ai trouvé, il était seul à enterrer son mari près des restes d'un mur, non loin de la frontière mexicaine. Je parie que c'était une partie du mur de Trump. Au moins, il a été rayé de la surface de la terre maintenant. Pourtant, sa marque est toujours là.

Trou du cul.


Je me sentais mal pour Douglas, alors je l'ai invité à se joindre à moi dans mes pérégrinations. Il va mourir bientôt de toute façon, il ne me dérangera plus très longtemps. Merde, c'est comme ça que je suis maintenant, froid et grossier.Je n'ai pas touché une femme depuis que c'est arrivé, je sais que toute ma famille est morte depuis longtemps. Je sais que je n'ai rien, alors qu'est-ce qu'il y a à protéger ?

Douglas est quand même sympa, il était professeur de biologie -quelles sont les chances -avant que tout est devenu de la merde. Il n'arrête pas de me dire de ne toucher à rien. Alors, je lui dis, si tu as touché la poussière noire en Amérique du Nord, penses-tu vraiment que toucher la substance argentée en Amérique du Sud va faire une grande différence ? Mais il dit que cette substance ne vient pas de l'explosion, mais des extraterrestres.


Douglas : Ce n'est pas parce que vous êtes un mystère médical que vous devez tenter la mort.


Je roule les yeux.

Peu importe, mec... Mon Dieu, j'ai faim.


JOUR 529


Douglas a entendu parler d'une commune d'humains quelque part dans la direction où nous nous dirigeons. Il y a d'étranges nuages bas ici en Amérique du Sud, bas comme si on pouvait presque les toucher, et avec une teinte bizarre, comme de la moutarde ou de la pisse.

Nous sommes censés suivre ce chemin qui a été tranché dans la boue argentée par d'autres avant nous, mais il n'a pas l'air d'avoir été utilisé depuis longtemps. Je ne lui dirai pas ça cependant. L'espoir vous garde en vie, même si c'est des conneries.


Douglas : Jésus, Mère Marie et Dieu !

Moi : C'est quoi ce bordel, Douglas. Ne me rabaisse pas comme ça !

Douglas : Tais-toi, stupide garçon !

Moi : Tu me craches dessus, c'est quoi ce bordel !

Douglas (crachant plus que chuchotant) Shut. Tais-toi ... Regarde.


Et le voilà. Un des mutants. Il ressemble à l'un d'entre nous. Mais plus haut de deux mètres comme dans le film Avatar, avec une peau argentée qui brille légèrement, presque écailleuse comme un poisson, et des yeux de la couleur du liquide qu'il est accroupi en train de manger. Attendez, il mange le boue?


Moi : Sais-tu s'ils sont violents ?

Douglas : Je ne sais pas, je n'en ai jamais vu un en chair et en os.

Moi : Pareil... Restons tranquilles et regardons.

Douglas : Bonne idée... Tu sais, je pense que c'est une femme. (Il commence à avoir une quinte de toux)

Moi : C'est quoi ce bordel, Douglas ! Tais-toi.

J'ai envie de mettre ma main sur sa bouche mais alors il va juste cracher la merde noire dedans. Oh non, la chose est debout. Elle sent l'air. Les odeurs ont disparu il y a longtemps, visiblement pas pour eux. C'est de l'envie que je ressens ? Bizarre.


Moi : Merde ! Doug, on doit y aller, elle nous regarde, ou à travers nous, je ne peux pas dire avec ses yeux. Debout, allez ! Allez !


Douglas ne va pas bouger de sitôt ; son visage est tout rouge et il respire bruyamment, il y a des morceaux noirs dans sa moustache. Nous allons mourir, comme ça, ici, dans le Caeterus boue argenté où poussait probablement autrefois la forêt amazonienne.


Elle se rapproche, je ne sais pas s'elle peut me voir ou juste me sentir. C’est en fait assez belle, d'une manière étrangement familière, comme une version argentée de ma soeur, plus haute de deux mètres. Les traits sont similaires. Le-


Caeterus femelle: Bonjour, Dean.


Elle me parle sans ouvrir la bouche. Elle connaît mon nom. Merde, elle marche à nouveau, se rapprochant encore plus.


Caeterus femelle : La solution, c'est vous.

Moi : Quoi ?


Elle a le visage de ma soeur.


Douglas (respiration sifflante et haletante) : Dean... non.

Moi : Aeva ?


Elle porte le médaillon en forme de cœur de ma sœur.


 

L’Éclatement : Aux Traces de Bulles Bethan Budgell



 

Les ailes oubliées Viktoria Moeslinger-Gehmayr


LE MONDE D’APRÈS

Les ailes oubliées

Elle pensait qu'ils ne croyaient pas en elle,

Mais si c'était juste qu'ils s'en fichaient ?

Elle pensait qu'ils ne l'aimaient pas,

Mais peut-être qu'ils ne s'aimaient pas non plus.

Elle pensait qu'ils n'écoutaient pas,

Mais si elle ne pouvait pas les entendre ?

Elle pensait qu'ils la jugeaient pour ce qu'elle faisait,

Mais peut-être qu'ils ne lui ont pas montré leur appréciation.


Elle continuait à lui dire qu'elle n'était pas assez courageuse,

Même si son cerveau disait autre chose.

Elle continuait à lui dire

Qu'elle n'était pas assez mince,

Mais qu'est-ce qu'il y a de mal à paraître normal ?

Elle n'arrêtait pas de lui dire qu'elle était trop différente des autres,

Même si c'était ce qui la rendait spéciale.

Elle continuait à lui dire qu'elle devait être forte,

Mais qu'est-ce qu'il y a de mal à montrer sa faiblesse ?


Elle espérait quelqu'un qui l'aimerait,

Sans se rendre compte de ceux qui l'aimaient sincèrement.

Elle espérait quelqu'un qui l'aiderait,

Mais comment pourraient-ils savoir la tristesse qui se cache derrière son sourire ?

Elle espérait quelqu'un qui puisse l'entendre,

Sans se rendre compte de ceux qui essayaient de lui parler.

Elle espérait quelqu'un qui serait là,

Mais comment le pourraient-ils, si elle rejetait tous ceux qui essayaient ?


Mais alors elle a pris conscience des ailes qu'elle possédait, mais n'avait jamais utilisées.

Elle commença à les déployer et à voler, réalisant que c'était la meilleure sensation qui soit.

Et elle a finalement su que c'était elle qui la retenait depuis le début.

20 views0 comments